Les descendants de

Julien Fortin 1621-1690 et Geneviève Gamache 1636-1709

L’histoire de François-Xavier Fortin et de sa descendance

Fils de Marc Fortin et Françoise Guyot

François-Xavier Fortin dit Hermel (1645 - 1690)

(Âgée de 45 ans)

Baptême: 20-08-1645 à Ploërmel, Morbihan, Bretagne, France
Mariage:   09-07-1674 à Montréal, Qc, Ca

Marié à Louise Soumillard, fille de Orson Soumillard et de Marie Bourgeois

Baptême:  24-02-1654 à Troyes, St-Jean, France
Sépulture: 01-05-1736 à Montréal, Qc, Ca

Descendance connue de François-Xavier Fortin et Louise Soumillard (un garçon et une fille)

  • Marguerite Fortin (1677 – ?)
  • Joseph Fortin (1687 – ?)
Faits marquants
    • Bataille de la Coulée Grou : François-Xavier Fortin est connu pour avoir participé à ce combat contre les Iroquois en 1690 à la pointe de l’île de Montréal.
    • Louise Soumillard était une “Fille du Roy”, arrivée au Québec avec une dot pour aider au peuplement de la colonie.
La Bataille de la Coulée Grou (ou Combat de la Rivière des Prairies) est un affrontement historique survenu le 2 juillet 1690 sur l’ìle de Montréal, opposant une milice de colons français à un groupe de guerriers iroquois.
 
Contexte et Déroulement
  • L’embuscade : Alerté de la présence d’une centaine d’Iroquois descendant la rivière des Prairies vers Montréal, le Sieur de Colombet, ancien lieutenant, rassemble 25 colons pour leur tendre une embuscade.
  • Le combat : Les colons ouvrent le feu sur les canots iroquois depuis la propriété de Jean Grou. Le combat s’engage alors sur la terre ferme.
  • Issue tragique : Les Français sont dépassés par le nombre. Le Sieur de Colombet et 9 de ses hommes sont tués au combat.
  • Les prisonniers : Jean Grou et trois de ses compagnons sont capturés puis emmenés en captivité, où ils sont brûlés vifs.
 
Lieu et Commémoration
Le site est aujourd’hui reconnu comme le Lieu historique national de la Bataille-de-Rivière-des-Prairies / Combat-de-la-Coulée-Grou.
  • Localisation : Situé à l’extrémité est de l’île, dans l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.
  • Monument : Une plaque commémorative se trouve sur le boulevard Gouin Est, à environ 60 mètres de la coulée.
  • Espace vert : Le parc de la Coulée-Grou préserve aujourd’hui ce cadre naturel chargé d’histoire.
François-Xavier Fortin dit Hermel, a survécu à cet affrontement violent, ce qui a permis à sa lignée de se poursuivre jusqu’à aujourd’hui.
Rôle de Fille du Roy
 
Louise Soumillard est l’une des quelque 800 Filles du Roy envoyées par Louis XIV pour coloniser la Nouvelle-France. Son parcours illustre celui de ces femmes pionnières qui ont fondé les premières familles montréalaises.
  • Arrivée : Elle arrive à Québec vers 1673 ou 1674, munie d’une dot fournie par le roi (souvent estimée à 50 livres, en plus d’effets personnels).
  • Mariage : Elle ne tarde pas à s’établir, épousant François-Xavier Fortin dit Hermel le 9 juillet 1674 à Montréal.
  • Établissement : Après le décès de son mari vers 1690, elle se remarie avec Jean-Baptiste Fleuricourt, un notaire et greffier, le 8 novembre 1690 à Montréal.
À Montréal (Ville-Marie), les conditions de vie des Filles du Roy étaient marquées par une transition brutale entre la vie citadine française et la réalité sauvage d’une colonie de frontières, sous la protection de Marguerite Bourgeoys.
 
Accueil et logement à Montréal
À leur arrivée, les jeunes femmes ne sont pas livrées à elles-mêmes. Elles sont prises en charge pour assurer leur sécurité et leur moralité jusqu’au mariage.
  • La Maison Saint-Gabriel : Achetée par Marguerite Bourgeoys en 1668, cette ferme de la Congrégation de Notre-Dame servait de lieu d’accueil. Les filles y apprenaient à subsister en milieu rural : filer la laine, cuisiner les aliments locaux et entretenir un potager.
  • Encadrement moral : Contrairement à Québec où elles logent parfois chez des particuliers, à Montréal, elles vivent en communauté sous la supervision étroite des sœurs de la Congrégation.
 
Le défi du climat et de l’environnement
Le passage de la France à la vallée du Saint-Laurent exigeait une adaptation rapide à des conditions extrêmes.
  • Hivers rigoureux : Le froid intense imposait des changements drastiques dans l’habillement et le chauffage des habitations, qui ne comptaient souvent que deux pièces à la fin du 17e siècle.
  • Isolement et menace : Montréal était alors un poste avancé exposé aux attaques. Les femmes devaient vivre dans un climat d’insécurité constante dû aux guerres iroquoises.
  • Travail et quotidien.
Une fois mariée (en moyenne 5 mois après leur arrivée), leur vie devenait une lutte pour la survie et l’établissement.
  • Défrichement : Elles épaulaient leur mari pour défricher la terre et construire le foyer.
  • Maternité : Leur rôle premier était démographique. En moyenne, une Fille du Roy mettait au monde 9 enfants (certaines jusqu’à 18), assurant ainsi l’explosion de la population coloniale.
  • Alimentation : Elles ont dû intégrer des produits inconnus en Europe (maïs, gibier local, courges) à leur savoir-faire culinaire français.
 
Le “Coffre d’espérance”
Chaque fille arrivait avec un trousseau financé par le Roi, souvent estimé à 300 livres dans les contrats de mariage. Ce coffre contenait le strict nécessaire pour débuter une vie de pionnière : vêtements, mouchoirs, bonnets, aiguilles et fil.
 
La « dot du Roy » était un incitatif financier et matériel crucial pour encourager le mariage et l’établissement permanent des colons en Nouvelle-France.
 
Voici comment elle fonctionnait concrètement
 
1. La composition de la dot
Contrairement à une idée reçue, la dot n’était pas uniquement de l’argent liquide. Elle se divisait généralement en deux parties :
  • Le versement monétaire : Le Roi accordait habituellement 50 livres tournois à chaque fille lors de son mariage. Cette somme servait souvent à acheter les premières nécessités pour le foyer (outils, semences).
  • Le trousseau (le coffre) : Avant le départ de France, chaque candidate recevait un coffre contenant des effets personnels d’une valeur d’environ 100 livres. On y trouvait des bas, des gants, des bonnets, des peignes, des aiguilles, du fil et du tissu pour confectionner des vêtements.
 
2. Les conditions d’obtention
Pour que la dot soit versée, certaines règles strictes devaient être respectées :
  • Le certificat de moralité : La jeune femme devait présenter un certificat de son curé ou d’un juge attestant de sa bonne conduite.
  • Le mariage effectif : La dot n’était remise qu’une fois le mariage célébré devant l’Église et le contrat signé devant notaire.
  • L’aptitude physique : Les recruteurs privilégiaient des femmes robustes, capables de supporter les travaux de la terre et les maternités fréquentes.
 
3. Le contrat de mariage
Le fonctionnement de la dot est documenté dans les contrats de mariage de l’époque (comme celui de Louise Soumillard devant le notaire Basset).
  • Le contrat précisait souvent que la femme apportait « ses épargnes » et la « gratification du Roy ».
  • Cet apport permettait à la femme d’avoir un certain poids financier dans la communauté de biens avec son mari.
4. Un investissement massif
Pour Louis XIV et son ministre Colbert, cette dépense était un investissement stratégique. Entre 1663 et 1673, l’État a dépensé plus de 80 000 livres en dots et frais de transport, ce qui a permis de tripler la population de la colonie en dix ans.
Louise Soumillard a bénéficié de ce système, ce qui a facilité son union avec François-Xavier Fortin et leur installation à Montréal.
Voici les détails concrets sur ce que Louise Soumillard et ses compagnes recevaient pour débuter leur vie en Nouvelle-France.
 
1. Exemple type de clause de dot (Style 17e siècle)
Dans les contrats de mariage passés devant des notaires comme Bénigne Basset à Montréal, la clause de dot était rédigée de façon très formelle. Voici une formulation typique :
« La future épouse apporte et se constitue en dot la somme de cinquante livres tournois de la gratification que Sa Majesté a accoutumé de donner aux filles qu’elle envoie en ce pays pour s’y marier, plus ses hardes, linges, habits et autres bagues et joyaux qu’elle a présentement, le tout estimé à la somme de deux cents livres… »
Ce que cela signifie :
  • La gratification : C’est l’argent liquide versé par le roi (souvent 50 livres).
  • Les hardes et linges : Ce sont les vêtements et tissus contenus dans son coffre.
  • Bagues et joyaux : Terme juridique standard, même si la plupart n’avaient que de menus objets ou des souvenirs de famille.
 
2. Le contenu détaillé du “Coffre d’espérance”
Le coffre de bois (souvent en pin ou en chêne) était le seul bagage de la Fille du Roy. Son contenu était standardisé pour assurer la survie de base :
 
CatégorieArticles inclus
Vêtements1 habit de serge, 1 jupe, 1 corsage, 1 manteau, 4 coiffes (bonnets), 1 paire de souliers de cuir, 1 paire de pantoufles, 2 paires de bas.
Linge de corps2 chemises de toile, 4 mouchoirs de col, 1 tablier, des rubans.
Nécessaire de couture100 aiguilles, 1 pelote de fil, 1 paire de ciseaux, 1 dé à coudre, 2000 épingles.
Toilette et Divers1 peigne de corne, 1 petit miroir, 1 couteau à gaine (essentiel pour manger), une petite somme d’argent (environ 10 livres) pour les besoins durant la traversée.
 
3. La valeur totale
L’ensemble (coffre + contenu + dot en argent + passage sur le navire) représentait une dépense pour la Couronne d’environ 700 à 800 livres par femme, soit l’équivalent de plusieurs années de salaire pour un ouvrier de l’époque.
 
La Maison Saint-Gabriel à Montréal expose une superbe reconstitution du coffre (ou trousseau) des Filles du Roy, illustrant parfaitement ce que Louise Soumillard a apporté en Nouvelle-France.
 
La reconstitution du coffre
À l’étage de la maison de ferme, vous pouvez voir un coffre de bois ouvert contenant les articles essentiels :
  • Les textiles : Des rouleaux de toile de lin, de la laine et des vêtements de serge (tissu robuste).
  • Le nécessaire de couture : Les fameuses 2 000 épingles et aiguilles, objets précieux car impossibles à fabriquer sur place.
  • Les objets personnels : Un peigne en corne, un petit miroir et souvent un livre de prières.
  • Le couteau à gaine : Un outil polyvalent, indispensable autant pour le repas que pour les petits travaux quotidiens.
 
L’investissement de la dot dans la ferme
Pour un couple comme les Fortin dit Hermel, la dot royale de 50 livres (plus la valeur du trousseau d’environ 100-200 livres) ne restait pas longtemps dans le coffre. Elle était immédiatement convertie en « capital de survie » :
  1. Le cheptel (le plus important) : L’achat d’une vache laitière était la priorité absolue. Une vache coûtait environ 50 à 70 livres. Elle fournissait le lait, le beurre et, à terme, d’autres veaux.
  2. L’outillage de fer : Les outils importés de France étaient dispendieux. L’argent servait à acheter une hache de fer (pour défricher), une pioche, ou des clous pour la construction de la maisonnette.
  3. Les semences : Une partie de la somme allait à l’achat de grains (blé, pois, avoine) pour la première récolte, ainsi que des graines de légumes pour le potager de l’épouse.
  4. Le défrichement : Si le mari ne pouvait tout faire seul, la dot permettait parfois d’engager un « engagé » (trente-arpents) pour quelques jours de travail lourd pour dégager la terre des souches.
 
Un partenariat économique
Le mariage était un contrat d’affaires autant qu’une union religieuse. La dot de Louise permettait au cordonnier François-Xavier de passer de l’artisanat urbain à une autonomie de subsistance. En apportant ces biens, elle n’était pas seulement une épouse, mais une véritable co-fondatrice de l’entreprise familiale.
 
La Maison Saint-Gabriel est l’un des rares exemples de « métairie » (ferme de rapport) du XVIIe siècle encore debout à Montréal. Son organisation spatiale reflète une efficacité de survie face au climat québécois.
 
Organisation de l’espace (Plan type)
Bien que le bâtiment actuel ait été reconstruit après un incendie en 1693, il suit le modèle d’origine :
  1. Le Logis (Rez-de-chaussée) :
    • La Grande Salle : C’est le cœur de la maison. On y trouve l’immense cheminée de pierre pour la cuisine et le chauffage. C’est ici que les Filles du Roy prenaient leurs repas et recevaient leur instruction.
    • La Souillarde : Une petite pièce adjacente servant de cuisine d’été et de laiterie, où l’on transformait le lait de la dot en beurre et fromage.
  2. Le Dortoir (L’étage) :
    • Sous la charpente massive, cet espace servait de chambre commune pour les Filles du Roy et les sœurs de la Congrégation. Le toit en forte pente permettait d’évacuer la neige lourde de Montréal.
  3. La cohabitation avec les bêtes :
    • Contrairement aux fermes européennes où les animaux vivaient parfois sous le même toit que les humains pour la chaleur, à la Maison Saint-Gabriel, l’étable et la grange étaient des bâtiments distincts mais situés très près du logis (à quelques pas).
    • Cela permettait de limiter les risques d’incendie tout en restant à portée de voix en cas d’attaque ou de blizzard.
 
Pourquoi cette organisation ?
  • La protection contre le froid : Les murs de pierre font près d’un mètre d’épaisseur. Les fenêtres sont petites pour conserver la chaleur de l’unique foyer.
  • L’autonomie : Entre la cave (pour les légumes racines) et le grenier (pour le grain), la ferme était conçue pour tenir un siège ou un hiver de six mois sans aide extérieure.
L’organisation spatiale de la Maison Saint-Gabriel était conçue pour l’efficacité rurale et la sécurité des Filles du Roy. Bien qu’un plan papier interactif ne soit pas disponible ici, la configuration historique du site suit une logique de « proximité vitale ».
 
Disposition stratégique du site
Le site est organisé autour d’un axe central reliant les besoins domestiques quotidiens aux nécessités de l’élevage :
  • Le Logis (La Maison de ferme) : Situé au centre de la propriété, il servait de point d’observation. La souillarde (cuisine d’été/laiterie) était intégrée à la maison pour transformer immédiatement le lait.
  • Le Puits : Positionné à proximité immédiate de la maison et entre les bâtiments d’élevage. Son emplacement central réduisait les distances de transport d’eau, une tâche ardue particulièrement en hiver.
  • Le Potager de l’épouse (Jardin de la métairie) : Recréé aujourd’hui dans l’esprit de la Nouvelle-France, il se trouvait tout près de la maison. Cela permettait à l’épouse ou aux Filles du Roy de surveiller la cuisson au foyer tout en entretenant les plantes potagères et médicinales.
  • Les Bâtiments d’élevage (Grange de pierre et étables) : Situés à quelques mètres pour faciliter le transport du foin et des bêtes. La grange de pierre (reconstruite au XIXe siècle sur des bases anciennes) abritait les étables, le poulailler, la porcherie et la vacherie sous un même toit pour conserver la chaleur animale.
  • Le Four à pain extérieur : Placé à une distance sécuritaire des bâtiments inflammables (granges de bois et toit de chaume d’origine) pour éviter les incendies durant l’été.
 
Les Sentiers
Les sentiers qui relient ces points étaient tracés pour être les plus directs possibles, minimisant le temps passé à l’extérieur lors des blizzards ou sous la menace des attaques iroquoises.
 
À la Maison Saint-Gabriel, le potager et l’architecture ne sont pas seulement esthétiques; ils étaient les piliers de la survie et de la défense des Filles du Roy contre les éléments et les menaces militaires.
 
Le Potager Ancestral : Un garde-manger de survie
Le potager reconstitué présente les variétés que les pionnières cultivaient pour assurer l’autosuffisance de la métairie.
  • Les Trois Sœurs : Les colons ont adopté cette technique autochtone associant le maïs, le haricot et la courge. Le maïs sert de tuteur, le haricot fixe l’azote dans le sol, et les larges feuilles de la courge gardent l’humidité en couvrant la terre.
  • Légumes racines et de conservation : Essentiels pour l’hiver, on y trouvait des carottes, des navets d’hiver, des oignons et des radis noirs.
  • Herbes médicinales et aromatiques : Cultivées pour soigner les maux courants en l’absence de médecins (ex: souci pour la peau, tanaisie comme insecticide).
  • Légumes “européens” : Les Filles du Roy ont importé des semences de choux, de pois, de poireaux perpétuels et de laitues.
 
Architecture défensive : Une ferme-forteresse
En 1690, Montréal était en plein conflit (Guerres franco-iroquoises). La Maison Saint-Gabriel a été conçue pour protéger ses habitantes.
  • Murs de pierre massifs : Les murs font près d’un mètre d’épaisseur, ce qui les rendait résistants aux tentatives d’incendie par flèches enflammées et aux projectiles légers.
  • Petites fenêtres et meurtrières : Les ouvertures étaient volontairement réduites pour minimiser les points d’entrée vulnérables et faciliter la défense depuis l’intérieur.
  • Toit à forte pente : Bien que conçu pour la neige, sa structure massive permettait de supporter des combles servant de refuge ou de poste d’observation sur les environs.
  • Proximité des bâtiments : Contrairement aux fermes modernes, les bâtiments (granges, écuries) étaient regroupés pour former une enceinte protectrice naturelle, facilitant la surveillance constante du bétail, cible fréquente lors des raids.
Le Jardin des Origines sur le site rend également hommage au savoir-faire horticole des femmes autochtones, dont les plantes indigènes ont sauvé de nombreux colons du scorbut et de la famine.
 
La vie quotidienne de François-Xavier et Louise à Montréal reposait sur un équilibre fragile entre la subsistance culinaire et la vigilance militaire constante.
 
À table : Recettes et saveurs du XVIIe siècle
La cuisine des colons était un mélange de traditions françaises adaptées aux produits locaux et aux savoirs autochtones.
  • La Soupe aux pois : Véritable pilier de l’alimentation, elle était faite de pois secs (faciles à conserver au caveau), de lard salé et de quelques légumes racines.
  • La Sagamité : Adoptée des Premières Nations, ce ragoût à base de maïs broyé était souvent agrémenté de gibier ou de poisson.
  • Les plats de racines : Les navets, oignons et courges étaient rôtis ou bouillis pour accompagner le pain de blé, qui constituait la base de chaque repas.
  • La tourtière (version primitive) : À l’origine, un ragoût de viande sauvage (tourte, orignal) cuit sous une croûte de pâte.
  • Conservations : Les surplus du potager étaient transformés en marinades (sel et vinaigre) ou stockés dans des caveaux de terre pour éviter le gel durant l’hiver.
 
En garde : Outils de défense des colons

Dans une colonie militarisée où chaque homme de 16 à 60 ans faisait partie de la milice, l’armement était intégré à la vie domestique.

Musée canadien de la guerre
  • Le Fusil de traite ou Mousquet : François-Xavier, ayant combattu à la Coulée Grou, possédait certainement un fusil de calibre 20 ou 24, plus léger et fiable que les lourds mousquets militaires français.
  • Le Couteau à gaine : Porté à la ceinture par les hommes et les femmes, c’était autant un couvert qu’une arme de défense de dernier recours.
  • La Hache de guerre (Tomahawk) : Inspirée des alliés autochtones, elle était plus efficace dans les combats en forêt (la « petite guerre ») que l’épée traditionnelle.
  • La corne à poudre : Portée en bandoulière, elle contenait la poudre noire nécessaire au tir.
  • La palissade de bois : Autour des habitations, ces clôtures serrées servaient de première ligne de défense contre les incursions.
Les colons apprenaient la tactique éclair de la « petite guerre » (embuscades et mobilité) auprès de leurs alliés hurons et algonkiens pour compenser leur infériorité numérique.
 
l’équipement spécifique utilisé par François-Xavier lors de la bataille de 1690
 
Lors de la Bataille de la Coulée Grou le 2 juillet 1690, François-Xavier Fortin dit Hermel et les 25 autres miliciens montréalais ne portaient pas l’uniforme régulier des troupes françaises. Ils étaient équipés pour la « petite guerre », une tactique de combat en forêt adaptée au terrain canadien.
 
L’armement du milicien
  • Le fusil de chasse (type « de traite ») : Plus léger et maniable que le mousquet militaire, ce fusil à silex était l’outil principal. Il permettait de tirer avec précision à travers les arbres.
  • La corne à poudre et le sac à balles : Portés en bandoulière, ils contenaient la poudre noire et les balles de plomb coulées à la main.
  • Le casse-tête ou la hachette (tomahawk) : Indispensable pour le corps à corps dans les broussailles de la coulée, où le fusil devenait inutile après le premier tir.
  • Le couteau de boucherie : Porté à la ceinture dans un fourreau de cuir.
 
L’habillement tactique
Contrairement aux soldats arrivant de France, les miliciens comme François-Xavier adoptaient des vêtements inspirés des alliés autochtones pour mieux bouger dans les bois :
  • La chemise de toile ou de coton : Ample pour la liberté de mouvement.
  • Le brayet et les mitasses : Des jambières de laine ou de cuir protégeant les jambes des ronces et de l’humidité, fixées à la ceinture.
  • Les mocassins : Faits de peau de chevreuil ou d’orignal, ils permettaient de marcher silencieusement, contrairement aux souliers à boucles français qui glissaient sur les feuilles mortes.
  • La tuque ou le chapeau de feutre : Souvent une tuque de laine bleue ou rouge, typique des habitants de la région de Montréal.
 
Le « sac à commis »
Chaque homme transportait un petit sac contenant des vivres de combat : du pain, du lard séché et peut-être une petite gourde d’eau-de-vie pour le moral.
C’est cet équipement léger, combiné à sa connaissance du terrain, qui a probablement permis à François-Xavier de survivre à cette embuscade sanglante alors que plusieurs de ses compagnons, dont le Sieur de Colombet, y ont laissé la vie.