1. Histoire de Cap-Saint-Ignace (1672 – 1970) par Jos.-Arthur Richard, ptre.
2. Généalogie Québec site Internet. S’il n’y a pas d’autre source inscrite pour cette personne, toute l’information
concernant la personne provient de cette source.
3. Tourouve et les Juchereau, Société canadienne de généalogie, p. 32.
– Extrait du registre de mariage –
Eustache Fortin et Louise Cloutier
Source : 1679 – 1808
Cap-Saint-Ignace, Co. Montmagny.
Registre photographié au presbytère.
– Extrait du registre de sépulture –
Eustache Fortin
Source : 1679 – 1808
Cap-Saint-Ignace, Co. Montmagny.
Registre photographié au presbytère.
– Un peu d’histoire –
Une première chapelle a été construite en 1675 sur les «écores» du fleuve, dans l’anse ouest près du Petit-Cap, lieu d’établissement des premiers habitants. Le 3 octobre 1700, Mgr de Saint-Vallier procède à l’érection canonique de la paroisse, mise sous le patronage de Saint-Ignace-de-Loyola.
Une deuxième église de pierre est construite en 1721. Elle s’écroulera vers 1744 en raison de l’érosion de la côte provoquée par l’action des grandes marées, chassant ainsi les premiers habitants vers un terrain plus solide. Le territoire étant partagé entre les seigneuries Vincelotte et Gamache, l’emplacement d’un nouveau lieu de culte fut l’objet de vives dissensions entre les habitants. Une ordonnance de l’évêque du diocèse de Québec a fixé la construction de l’église sur la ligne séparant les deux seigneuries, là où se trouve encore l’église actuelle.
Le troisième lieu de culte, érigé sur le site actuel de l’église, est inauguré en 1773. L’édifice est démoli en 1880.
La quatrième église, plus grande, a été inaugurée le 1er décembre 1881. Détruit par le feu le 14 décembre 1890, le bâtiment a été reconstruit aussi tôt.
Sous la tour centrale, une pierre millésimée porte l’inscription «1880».
Église de Cap-Saint-Ignace, 1929
Pionniers de la Seigneurie Gamache, de 1672 à 1700
Nicolas Gamache, nous l’avons déjà dit, tout en étant seigneur, cultiva lui-même la terre, et fut, avec Louis et Pierre Gagné, un des premiers colons qui s’établit à Cap-Saint-Ignace. De 1672 à 1700, Nicolas Gamache ne fit qu’une seule concession, et c’est à son neveu Eustache Fortin.
Eustache Fortin
C’est le 31 octobre 1679 que Nicolas Gamache concéda à Eustache Fortin treize arpents de terre de front sur une lieue de profondeur, à partir de la ligne qui séparait Sa Seigneurie de celle de Louis Gagné.
Eustache Fortin était le fils de Julien Fortin dit Bellefontaine, de la Côte-de-Beaupré, et de Geneviève Gamache, sœur de Nicolas Gamache. Il était donc le neveu de celui qui lui concédait cette terre. Le père de Julien portait aussi le nom de Julien, et venait de Notre-Dame-de-Vair (aujourd’hui Saint-Cosme-de-Vair), et sa mère s’appelait Marie Lavye.
Au recensement de 1681, Eustache avait trois arpents de terre labourable, et ce n’est que le 25 mai 1693, à l’âge de trente-six ans, qu’il décida de se marier. Il épousa Louise Cloutier, fille de René Cloutier et de Marie Leblanc. De ce mariage sont nés plusieurs enfants, dont six garçons qui restèrent tous sur le bien paternel, dans la seigneurie Gamache : 1) François, le fils aîné, épousa Madeleine Richard, fille de Pierre Richard et de Françoise Miville; 2) Pierre, en 1719, épousa Louise Caron, fille de Pierre et de Marie Bernier; 3) Joseph-Eustache, en 1725, épousa Marthe Bernier, fille de Charles et d’Anne Lemieux; 4) Louis, en 1730, épousa Françoise Blanchet, de Saint-Pierre-du-Sud; 5) Jean-Baptiste, en 1730, épousa en premières noces Angélique Richard, fille de Pierre et de Françoise Miville, et en secondes noces, Marguerite Aubertin, veuve de Joseph Gerbert (Jalbert); 6) Philippe, en 1746, épousa Geneviève Richard, fille de Pierre Richard, fils, et d’Élisabeth Gamache. Tous ces garçons, excepté Joseph-Eustache, laissèrent de nombreux descendants à Cap-Saint-Ignace.
Eustache Fortin, en venant prendre possession de sa concession dans la seigneurie Gamache, amena avec lui son frère Charles, époux de Xaintes Cloutier. Charles ne restera pas longtemps à Cap-Saint-Ignace, mais ira s’établir dans la paroisse de l’IsIet. Un de ses enfants, Louis, achètera, le 7 octobre 1713, une partie de la terre que Claude Guimont possédait à l’Anse-à-Gilles. Louis Fortin, en 1714, épousa, en premières noces, Anne Bossé, fille de Louis et d’Angélique Bouchard, et, en secondes noces, en 1735, Madeleine Langelier. Comme son frère Eustache, Charles Fortin laissera de nombreux descendants à l’IsIet et à Cap-Saint-Ignace.
Vue d’ensemble de la division des terres
Eustache Fortin devait être un bon menuisier-charpentier. C’est ce que nous apprend un contrat passé à la Rivière-Ouelle, le 21 avril 1686, et signé par l’abbé Thomas Morel «… avons fait marché avec le Sieur Eustache Fortin, habitant de Cap-Saint-Ignace, de faire la menuiserie de ladite église (Rivière-Ouelle)… de la lambrisser partout en dedans de planches bien blanchies…; de faire la voûte…, l’autel…, un confessionnal, un petit banc à deux marguillers, et une chaire à prêcher… etc.»
Souscription pour l’église
Voici le nom de ceux qui ont souscrit pour l’église, soit de l’argent, soit des journées de travail ou du bois, chacun selon ses moyens. Évidemment, ces détails n’intéressent pas la grande histoire, mais ils peuvent intéresser les descendants des donateurs qui, malgré leur pauvreté, ont fait des sacrifices pour élever un temple à Dieu.
M. de l’Épinay a promis 60 livres (une livre valait 20 cents).
Nicolas Gamache, établi marguiller avec Louis Gagné, donne 30 livres. De plus, ledit Gamache, tout plein de zèle et de piété, donne 50 planches, 8 jours de nourriture pour nourrir le charpentier, et il a dit publiquement que si on voulait lui en faire la demande, il donnerait 100 francs.
Bellavance (Louis Gagné) donne 6 francs et de quoi faire de la planche et des madriers, ayant témoigné qu’il donnerait bien davantage, avec 15 jours de nourriture pour le charpentier.
Jean Gaudreau a promis 20 livres.
Eustache Fortin a promis 20 livres.
Monsieur Dupuy a promis 4 livres.
Joseph Caron a promis 4 livres.
Guillaume Ferté a promis 20 livres.
Pierre Richard a promis 20 livres.
M. Couillard a promis 4 livres.
Charles Fortin a promis 5 livres.
12 personnes ont promis des journées de travail, dont:
Jacques Bernier, 24 journées.
De plus, il donne 15 jours de nourriture et 25 planches.
Il mérite qu’on s’oblige de lui dire 3 messes par an.
Eustache Fortin, 6 journées.