Souvenir difficile à me remémorer

par Jean-Yves Fortin (0742)

Comme tous ceux qui ont accepté d’écrire un souvenir d’enfance, moi aussi j’ai des souvenirs de mon père, Lucien Fortin, qui jouait avec mon frère et moi au hockey et à la balle. Mais, étant menuisier contractuel, il se devait de ne pas refuser du travail afin de joindre les deux bouts, ce qui a quelque peu limité ces précieuses périodes. Toutefois, il m’a transmis ses connaissances en menuiserie, un acquis qui m’a servi tout au long de ma vie. J’adore travailler le bois; ça demeure mon passe-temps préféré. Papa m’a légué cet héritage qui vaut son pesant d’or.

Hélas, mon souvenir le plus vif de mon père est celui de son décès, suite à un cancer fulgurant qui l’a emporté le 8 août 1968. Il n’avait que 42 ans. Donc, même si je n’avais que 13 ans, l’ainé d’une sœur et d’un frère, je suis devenu « l’homme de la maison », pour ainsi dire. Ça forge un pré-ado d’être obligé d’aider à l’entretien d’une maison. Ce fut une jeunesse très différente de celle de mes amis, je peux vous l’assurer! Heureusement, il y avait maman, Gisèle Tétrault, devenue veuve à l’âge de 34 ans, qui a tout pris en main et nous a si bien élevés.

Sur la photo qui date de l’été 1968, on aperçoit mon père, déjà miné par le cancer, ma mère, mon frère ma sœur et moi. Nos parents ont tout fait pour qu’on ait un quotidien normal aussi longtemps que possible.